Compost zombie – Art et pratique

On dit souvent que le compost est vivant. Capable de prendre vie comme celui du nain jardinier de Terry Pratchett*.

Celui de ma maman m’y fait penser. Dans une version zombie.

Plutôt mort que vivant.

Compost zombie

Et visqueux et nauséabond. A faire fuir les-dits zombies et en éloigner ma maman.

D’où ma réaction vive et mon inscription immédiate à l’intervention d’un maître composteur. HELP MY MOTHER, PLEASE !!!

Et ce fut dans le froid du petit matin, en compagnie d’autres errants à la recherche de la lumière, que nous reçûmes son enseignement.

Que je vous retransmets ici.

Presque tel quel.

 

Éléments bassement matériels et fortement pratiques

Qui veut bichonner son compost l’installe à mi-ombre. Toucher au grand art : soleil le matin et ombre l’après-midi.

Le contenant ? Le choix d’un composteur est surtout esthétique et plus compact. Composter à même le sol sera moins onéreux (et laborieux). Prévoir cependant un voisinage conciliant ou un fusil bien chargé.

(On me signale qu’un rideau de fleurs en premier plan peut être pénalement nettement plus intéressant. Je retransmets donc l’information).

Et un compost doit toujours sortir couvert. Sinon il lessive.

Lessiver : faire exprès de laisser filer de manière absolument déloyale ses nutriments (ingrats) dans le sol sous le composteur au lieu de les faire venir dans nos plate-bandes. Ne vous laissez pas faire par votre compost.

A noter que les déchets doivent être en contact direct avec le sol pour que les Bébêtes puissent monter y faire leur affaire.

 

Bébêtes, éboueurs de la Terre, nos Sauveurs

Moment zen. Visualisons une forêt.

Zoomons.

L’ensemble de la faune du sol, de la mégafaune (des grands vers de terre aux taupes et mulots) à la microflore (champignons et bactéries), s’y nourrit des déchets naturels s’accumulant au sol.

Sans eux, nous creuserions nos autoroutes dans des monceaux de feuilles, branches et cadavres non décomposés.

Petite pause pour la vision d’horreur.

Reprise.

Le déchet (naturel, attention !!) de l’un y est l’abondance de l’autre.

Les digestions s’enchainent et fractionnent les matières organiques en éléments minéraux tout petits, assimilables par les racines des plantes. La terre se recrée et le cycle se poursuit.

Dans nos poubelles, les déchets pourrissent puisqu’ils sont hors du cycle.

Dans nos composteurs, les déchets (naturels…) deviennent humus. L’or du jardin.

 

Et maintenant, mise en pratique

C’est alors que, d’un geste noble, notre maître composteur déversa une poignée de feuilles sèches. Plein de poignées, en fait.

« Toujours démarrer par de la matière brune ». Oui, Maître.

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… Sauf que … c’est quoi la matière brune ?!

Il dit : La matière brune est brune. Sèche et dure.

Il dit : Ce sont des matières carbonées et tout être est fait de carbone. Toi, moi, comme les pommes de terre.

Il dit : Mais y a plus de carbone dans la matière brune.  Donc les patates futures puiseront leurs atomes de carbone essentiellement dans cette partie du compost.

Ah ? Ok.

Liste à la Prévert concernant la matière brune :

  • Feuilles mortes (platane  : décomposition trop lente…)
  • Paille, foin
  • BRF (Bois Raméal (= de petite section) Fragmenté), à trouver chez votre élagueur.
  • Tailles de haies broyées (du BRF maison) – Hors résineux (pas grand chose qui pousse dans une forêt de sapin… : virons les thuyas vilains et installons des haies vives !!! ;))
  • Carton ondulé (et bien non !!!!! Ceux-ci sont de plus en plus souvent imprégnés de substances, toxiques, évitant leur décomposition en pleine mer… ou possiblement issus du recyclage de ces cartons. Dommage)
  • Marc de café (avec le filtre, carrément, surtout s’il est brun)
  • Sachet de thé avec le fil et l’étiquette : encre alimentaire !
  • Sciure de bois en fine couche pour en éviter le compactage
  • De la terre végétale ou le terreau des plantes en pot
  • Journaux (encre parait-il non toxique, maintenant. A vérifier)
  • Tissus naturels (coton, laine, soie, lin, jute, en évitant les tissus teints de façon chimique…)
  • Plantes séchées
  • Ronces très bien séchées à l’avance (elles se bouturent, les cochonneries), et coupées en petits morceaux avec hargne
  • Écorces
  • Essuie-tout et mouchoirs en papier (existent en non blanchis, pour info)
  • Racines mortes
  • Cendre de bois (un soupçon)
  • Coquille d’œufs écrasées
  • Coques de noix, de noisettes… (de préférence concassées) (sinon, ça va en mettre du temps)
  • Plumes
  • Etc…
  • Plus on diversifie, et plus c’est riche !

 

Puis vint le tour de la matière verte.

Verte ??

Le maître composteur (d’un ton où commençait à poindre une légère exaspération ?) : Tout ce qui est vert, mou et humide.

Au premier rang desquels, les tomates, dit-il dans un souffle.

Logique implacable.

 

Prévert encore une fois

  • Fruits et légumes, fanes, épluchures. Et de préférence, le tout sans pesticides. Parce qu’on a pas envie de les retrouver ensuite dans notre assiette. Si ?
  • Reste de repas d’origine végétale, pain rassis (mais en faire des cracottes, du pain perdu ou de la chapelure, c’est encore mieux !)
  • Tontes fraîches de pelouse en couches fines
  • Fougères
  • Herbes indésirables non montées en graines, ou ayant déjà grainé…
  • Plantes d’intérieur. Qu’on ne laisse pas mourir exprès pour nourrir notre compost. Non. Je n’ai personnellement jamais fait ça. Ce serait inqualifiable.
  • Algues
  • Fumier

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Et tout ça, matières brunes et vertes doivent être ajoutées alternativement. Chacune en fine couche. Hop. On alterne les matières sèches et humides, celles qui sont grossières, et celles qui sont fines. Celles à décomposition rapides et les plus paresseuses. Tout est question de diversité et d’équilibre.

A propos… un compost bien dans sa tête sera constitué de deux tiers de matières carbonées (brunes), et d’un tiers de matières azotées (vertes). Environ.

En finissant systématiquement par une petite épaisseur de feuilles, qui sert de couche anti-moucherons. Sinon, ils viennent pondre et ils ne font pas partie de nos Bébètes infiniment désirables lorsque le composteur est sous la fenêtre de la cuisine…

Et un petit coup de tige aératrice sur l’ensemble et hop, voilà (pas vraiment impératif, à mon avis).

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Et tous les uns à deux mois un petit coup de fourche-bêche (le must du top de la superclasse serait paraît-il la fourche à fumier), histoire de mélanger ce qui ne l’a pas encore été sur plus de profondeur. Et re hop, voilà vraiment.

 

Quelques points précis tout de même, parce que le compost, ça a beau être simple, on aime bien l’élever au rang de science :

 

Aération

Les Bébêtes qui vont nous faire notre compost sont comme nous, elles aiment bien ça, respirer. Elles ont donc besoin d’oxygène. On parle ici de fermentation aérobie.

Si on n’apporte pas d’air dans notre compost, ce sont d’autres Bébêtes qui vont s’en occuper. Celles-ci sont anaérobie. Et la fermentation du coup idem. Le compost se zombiise en se méthanisant. Et là, faut prendre le large.

 

Du stockage des matières carbonées

Nos déchets bruns ne font pas qu’apporter du carbone. Grâce à leur rigidité, ils structurent la masse des déchets et permettent d’y conserver le passage de l’air (oxygène !) au lieu d’obtenir une gelée affreuse et compacte. Conserver un sac de feuilles mortes à proximité peut sauver la vie ET assurer d’apporter la quantité suffisante de matériaux bruns toute l’année. A condition de le protéger de la pluie, sinon, vous vous retrouverez avec un joli petit terreau de feuilles. Ce qui est bien aussi.

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Humidité

Jamais trop sec. Jamais trempé.

 

De l’art de récupérer un compost zombie

Un pieu dans le cœur ne suffira pas, lui couper la tête non plus.

Le ressortir, et le mélanger avec des matières brunes devrait être une solution. Sinon, courrez.

 

Nota : Il existe aussi des sites et publications sérieux qui parlent de compost. Heureusement.

Nota : Il existe aussi des personnes magiques qui vous font du compost sublime en ayant rien lu du tout. Heureusement.

Nota : Le compost de ma maman a bien été sauvé. Le mien se porte bien. Je teste le compost de surface (directement sous les plantes), car il me semble développer la vie dans le sol là où elle est le plus nécessaire. Bon compost à vous !

 

* dans ‘Sourcellerie’, des Annales du Disque-Monde, j’en suis presque sûre

 

 

 

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Compost zombie – Art et pratique

On dirait le Sud

ou ailleurs ?

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Composition toute simple, où la main de l’homme n’apparait que sur la taille des quatre petits têtards.

On dirait qu’un jardinier bien inspiré y a œuvré :

Aguicher l’œil par les gracieuses sphères des saules en premier plan.

Tranquillité des plans intermédiaires où glissent les roseaux.

Arbres égrenés prolongeant ce jardin naturel au milieu des eaux.

Tandis qu’un reflet amène le lac à nos pieds.

 

Bon. N’étant pas certaine qu’on saisissent mes propos…Imaginons que ce soit réellement un jardin.

Agissons franchement et découpons z’y une parcelle.

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Voilà. Notre jardin. 10 mètres de large et de la profondeur jusqu’au lac. 500 m², en gros et en somme.

Et analysons.

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Voici nos premiers plans, les fameux têtards.

Bon, y en aurait peut-être un à virer (le petit, tout mort, à droite). Seulement si on veut pouvoir accéder à l’espace enfant (barbecue ? détente ? autre ?) situé juste derrière.

« Le bois mort, c’est aussi intéressant pour la biodiversité ». Ah ? Argh, dilemme cruel. Son inscription dans le paysage n’ est pas si mal à ce petit saule ? Bon. A jardin imaginaire, pelouse à ne pas tondre. Donc pas de tondeuse à faire passer. Je garde le saule et on pourra toujours faucher.

N’empêche que ces petits saules, en masquant le reste du jardin, nous titillent la curiosité. Et nous donnent fichtrement envie d’aller voir derrière.IMG_20170527_211102 (7)_LI

Et au fond de son jardin, notre jardinier, décidément fort avisé, a créé une série de plans (violet) qui en brouille la limite. Aucune clôture visible, le lac parait nous appartenir. Notre jardin devient immense.

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En blanc, sa plantation de roseaux. Le bougre a ainsi glissé un joli effet de matière, clair et léger.

Qui accentue les différents plans.

Et le contraste en détache nos têtards.

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En rouge à nouveau !

N’écoutant que son instinct, et bien loin de toute réglementation, le jardinier a planté quelques saules dans le lac. Boules rondes qui font écho à nos saules taillés et prolongent la perspective bien loin au-delà des limites cadastrales.

A moins que ce ne soient les saules qui étaient là en premiers, installés par Dame Nature, et que leurs échos se retrouvent tétârdisés en notre jardin ?

Ce qui serait infiniment plus conseillé de reproduire chez nous…

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Bleu : une autre astuce. Installer une petite mare bien en vue, dont le reflet et la végétation nous rappelle le lac. Raison de plus pour ressentir notre bout de jardin immensément plus immense qu’il ne l’est.

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Un petit plan, tout tout en bas en violet, que j’avais omis de dessiner.

Et dont la présence, à mon sens, unifie le jardin par un petit rappel de ceux qui se trouvent en arrière.

 

 

Histoire d’une composition jardinière, dont la perception ne peut être tout à fait complète sans en entendre la vie (tonitruante !) qui s’y abritait.

Et, surtout, sans goûter la saveur d’un vin de fraise. Fruité et partagé.

On dirait le Sud

Sauvagerie flamboyante de l’artificiel

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Ballade fugace sur les lacs troyens, juste temps d’en saisir l’embrasement.

Du mordoré, du cramoisi, du royal.

Nos arbres ont abandonné leur maillot de bain et croulent aujourd’hui sous les passementeries de leurs racines aériennes.

Difficile d’y reconnaitre les lacs si balnéaires de nos étés. Étrange de penser qu’il s’agit là d’une Seine civilisée. D’un purement technique mais gigantesque réservoir anti inondations parisiennes.

J’aime la chaleur des soleils rasants de l’hiver. Le froid sec a envoyé tous les touristes tourister aux Galápagos, et nous profitons seuls de cette beauté sauvage.

Au loin les oiseaux chantent.

😏

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Sauvagerie flamboyante de l’artificiel

Terre 1 – En route pour Agartha !!

Alors voilà.

Dans ma trèèès longue quête (trois soirées, TROIS SOIREES) pour comprendre le fonctionnement des sols, et ben … j’avais justement pas compris grand chose.

Force était de le constater, j’avais des trous dans mes liaisons et des interrogations partout. So, angoisse.

Imaginez ma joie lorsqu’une formation s’offre à moi !

Belfort.

Outre les vendanges tardives et les vins jaunes étrécis, j’y ai appris choses fort utiles. Que je m’empresse de (tenter de) partager avec vous car :

Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément’. Nicolas Boileau.

 

Donc heu…

 

Le sol, le sol, vous me direz qu’on n’en a rien à cirer.

Les plantes, ça, c’est chouette ! C’est tout vert. Ca sent la rose. Moi je veux que mes plantes pouuuuuusssent !!!

Tiens ? Une motivation à surmonter notre répugnance première et naturelle*? Alors, puisqu’il le faut, et je m’y résigne, passons par la plante pour en arriver au sol.

Déjà, pour pousser, la plante respire par les pieds. Et par ailleurs aussi, mais je n’aime pas me contredire. Et les racines sont dans le sol. Nous en arrivons donc à un théorème passionnant : Sol aéré, plante ravie. Sol tassé, plante pourrie.

On doit commencer à bien voir où je veux en venir, là.

Elle a besoin d’eau qu’elle puise par ces jolies petites racines …  Encore le sol, et oui.

Avec la lumière, elle fabrique une partie de sa nourriture. Le reste elle le trouve où ? Et viii !

Et si elle n’y trouve pas tout ce dont elle a besoin ? Alors c’est ou une plante moche, ou une plante morte. Au choix. Comme si on mangeait que des Pop Corn. Ou des flageolets. Ou rien.

Là je prends mon air le plus sérieux du monde : de la qualité du sol semble dépendre la qualité de la plante.
Ouf, je respire, et j’arrête. Epuisée.

La suite plus tard !

 

* en fait sociétale, pas naturelle :). Le maniaque qui m’a fait la relecture se reconnaitra.

 

Terre 1 – En route pour Agartha !!

Structure d’un jardin Renaissance made in France

A travers le Grand Jardin (beau nom du château de Joinville (52)) et un petit tour ailleurs, tout aussi estampillé Renaissance.

Hibernées les jolies plantes m’as-tu-vues ! Six pieds sous terre, la chlorophylle !

Enfin !

Il ne reste qu’Elle.

La Structure.

Elle se révèle en hiver et y déploie toute sa force.

La Structure ? Kissa ??!

Hem. Bon…, en premier, les horizontales : C’est le sol sous vos pas.

Un épais tapis terreux chargés de motifs, de matières et de couleurs.

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Pour une idée des effets à tirer d’un tapis en vrac, petite digression à Villandry (c’est mon blog, j’ai le droit).

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Son manteau d’herbe qui reste vert en hiver. Villandry toujours.

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Retour au Grand Jardin.

Les matériaux clairs du chemin guident nos pas.

Le regard s’élève.

Horizontales douces des bordures basses, donnant corps aux massifs absents.

Enfilade de treillis transparents, voilages qui délimitent, segmentent et suggèrent l’espace.

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Attaquons les verticales !

Le jeu d’échec des ifs taillés, qui pimente son socle de bordures de buis.

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Les formes plus douces et légères des fruitiers dansant dans les vergers.

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Les arbres, les vrais, les solennels, servent ici de cadre et d’écrin au reste du jardin.

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Et à l’élégante façade du château de l’entrée répond la pergola de bois ouvragée, qui cache ses attraits en fond du jardin.

Comme deux femmes rivales en face à face éternel. L’officielle, et la moins officielle.

Pour moi, la pergola a gagné, vous n’aurez donc pas de photos du château  🙂


Graine sur le gâteau :

Persistants et marcescents, jolis cadavres des graminées sous le gel, fruits rouges des cornouillers mâles, autant de niches et de garde-mangers pour une faune svelte mais reconnaissante !

Marcescence : Etat d’un végétal qui conserve ses feuilles mortes attachées aux branches durant la saison de repos végétatif, celles-ci ne tombant que lors de la repousse des nouvelles. A ne pas confondre avec un végétal mort. Merci à toi, Wikipédia.


Curieux et balladeur ?

Jardin du Grand Château, cliquez ici.

Incroyable Villandry, ben c’est par là.

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Structure d’un jardin Renaissance made in France

De l’art du platane à disposer de ses fruits

(ou la difficulté de faire simple, agaçant, mais efficace)

La nature est un excellent professeur, du moins quand il s’agit de paraître naturel.

Si si.

S’en inspirer n’est pas une pensée idiote pour la composition d’un jardin.


Et là vous vous dites : Mais qu’est-ce que je fais encore là..?!

Désolée.

Je continue.


Elle est pleine d’inventions.

D’une base simple, elle compose à l’infini.

Petit exemple avec :

  • des points (les fruits du platane, akènes velues)
  • et des traits ____ (les branches du platane, celles-ci plutôt glabres).

  En botanique, un akène est un fruit sec, à graine unique, dont le péricarpe, plus ou moins sclérifié, n’est pas soudé à la graine (à la différence du caryopse). (et là, ça en jette : merci Wiki :)).

Le terme est formé sur la racine grecque ‘khainein’, ouvrir, avec le préfixe privatif ‘a’, car les akènes font des difficultés à l’ouverture.

La rondeur des fruits contraste avec la finesse des branches. Ils s’en démarquent visuellement.

Platane fruits rouges - détail

Encore plus quand on les peint en rouge (en fait, c’est un cerisier !).

Les fruits sont regroupés entre eux, créant un effet d’ourlet soulignant la frange de l’arbre.

Précisons que les autres akènes sont noyés dans le magma informe du houppier, ce qui aide bien à la démonstration. Mais on s’en fiche, c’est l’effet de regroupement qui nous intéresse ici.

Imprimer Platane - Regroupement copier

Regroupés, certes, mais de manière aléatoire !

Dans cet ensemble, on retrouve des sous-groupes de tailles, d’orientations et de formes diverses. C’est le vide entre eux qui les crée.

Les quelques électrons libres disposés en rappel sont là pour liaisonner la sauce.

Platane sous-ensembles

On notera aussi les alignements verticaux des fruits, qui restructurent et dynamisent les sous-ensembles.

Un peu d’organisation dans cet élégant foutoir :

Platane fruits rouges - détail - traits jaunes


Et pour retrouver l’aléatoire dans cette organisation, il suffit d’en observer les écartements.

Parce que voilà :

Platane fruits rouges - détail - traits jaunes et verts

Platane - détail - traits jaunes et verts

Absolument et résolument irréguliers. Et vi. Fichue nature.

D’éléments simples, de ronds et de lignes, la composition générale est devenue riche et délicate.

Et ce n’est pas seulement d’allure parfaitement naturelle. C’est aussi bigrement contemporain, si on y songe.

Platane fruits rouges - détail final

De l’art du platane à disposer de ses fruits